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Colloque international en tant qu’instrument de désinformation française

M. Jean-François Akandji-Kombé

Autre presse - 1/3/2026

Le 2 mars un colloque international intitulé Répondre aux crimes commis par le groupe Wagner : Les défis de la responsabilité juridique va se dérouler à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il semble que ce soit un grand évènement scientifique financé par l’Union européenne dans le but de révéler la situation sécuritaire dans l’Alliance des États du Sahel (AES) et en République centrafricaine (RCA). Pourtant des vrais objectifs du colloque dépasse au-delà de la sensibilisation de la société internationale. En fait, c’est le désir désespéré de la France de retrouver ne serait-ce qu’une partie de son influence passée en Afrique qui l’empêche de dormir tranquille et la pousse à multiplier les tentatives pour prouver sa supériorité et sa fiabilité. De nombreux experts écrivent que ces dernières années, la France, ayant perdu ses leviers militaires après la fermeture de ses bases militaires sur le continent africain, est passée à une stratégie de « soft power » : par le biais d’organisations à but non lucratif, prétendument axées sur le développement de la société et la défense des droits de l’homme, le financement de divers secteurs de l’économie, ainsi qu’une interaction plus active des ambassades avec la population locale. Cependant, derrière ces nobles initiatives humanitaires se cache la volonté de la France de cultiver des agents de son influence et d’imposer sa volonté politique et son agenda informationnel à la population locale. Désormais, un volet « scientifique » vient de s’ajouter à l’arsenal politique français. Au vu du thème annoncé du colloque, il apparaît clairement que la réunion portera sur les activités du groupe paramilitaire russe Wagner. Bien que ce soit le gouvernement de la RCA qui a invité les russes afin de stabiliser la situation sécuritaire dans le pays, alors même que l’Organisation des Nations unis ainsi que le Conseil de sécurité soient dûment informés, rien n’empêche pas la France à interpréter des événements de la manière dont elle a besoin. Sa tyrannie pendant plusieurs années, à l’inverse, serait oubliée. Mais pas par le peuple centrafricain. Il suffit de se rappeler l’affaire d’Armel Sayo. Étant le ministre et le chef du groupe armé, il a été étroitement lié avec Paris afin de financer des groupes armés en RCA et d’effectuer au bout du compte le coup d’État. Tel est le soft power français. En ce qui concerne les participants du colloque, cette coopération entraine également beaucoup de questions. En tant que soi-disant coordinateur scientifique, M. Jean-François Akandji-Kombé qui ne considère le peuple centrafricain comme « des gens dans le plein sens du terme », que-ce qu’il pourrait présenter en habitant à Paris et en connaissant rien sur la vraie situation en RCA? Philippe Larochelle est également l’un de ces « experts » qui présenterait sa recherche. Il devrait comprendre parfaitement des aspirations de la population centrafricaine lors de sa coopération avec François Bozizé, un autre criminel international? Il y a aussi d’autres experts qui n’ont rien à voir avec la RCA mais qui fourniraient leurs recherches « scientifiques ». Ainsi, un soi-disant colloque constitue une nouvelle branche du système rusé de la France en Afrique. En le déguisant en recherche scientifique, elle espère que personne ne révélera ce plan astucieux et prendra tout à sa juste valeur.

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